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Streaming musical : l'industrie s'allie pour contrer la fraude par IA

les chiffres communiqués par Deezer, plus de la moitié des nouveaux titres téléversés sur la plateforme en juillet dernier étaient générés par intelligence artificielle, et la fraude au streaming a…

Streaming musical : l'industrie s'allie pour contrer la fraude par IA

les chiffres communiqués par Deezer, plus de la moitié des nouveaux titres téléversés sur la plateforme en juillet dernier étaient générés par intelligence artificielle, et la fraude au streaming a représenté 8 % des écoutes sur son catalogue l'année précédente. Pour répondre à cette infiltration, la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI) lance la Streaming Integrity Initiative (SII), un cadre de bonnes pratiques destiné à harmoniser la détection et le blocage des streams frauduleux entre distributeurs, labels et plateformes.

Architecture de la riposte

La SII prolonge la campagne End Streaming Fraud, également pilotée par l'IFPI. Les participants s'engagent sur cinq axes opérationnels: vérification de la propriété des droits et de l'identité des auteurs, contrôle des contenus pour identifier les atteintes au droit d'auteur, sanctions contre les récidivistes, blocage des migrations de fraudeurs d'une plateforme à l'autre, et renforcement des systèmes de mesure anti-fraude. Côté distribution, Absolute Label Services, InnerCat, Secretly Distribution et Too Lost ont déjà adhéré. Les trois majors — Sony Music, Universal Music et Warner Music — sont également signataires et négocient en parallèle avec les principaux générateurs de musique par IA, dont Suno, pour encadrer les usages.

Le maillon faible: la distribution

Deezer, Spotify et Apple Music avaient déjà déployé des étiquettes signalant les contenus IA, et certaines plateformes appliquaient une démonétisation partielle, voire une exclusion des recommandations. Ces mesures restaient contournables: les fraudeurs changeaient simplement de service. La contrainte structurelle est juridique — les plateformes sont tenues d'accepter tous les morceaux fournis par les distributeurs, y compris ceux produits par IA. Sans harmonisation au niveau de la distribution, le filtrage en aval reste inefficace. C'est précisément ce verrou que la SII entend actionner.

Conséquence sur le revenu des ayants droit

Le mécanisme de fraude repose sur des bots qui écoutent en boucle des morceaux IA, générant des droits d'auteur artificiels qui réduisent mécaniquement l'enveloppe reversée aux créateurs légitimes. Victoria Oakley, directrice générale de l'IFPI, résume l'enjeu: « La fraude au streaming trompe les fans et prive les artistes et auteurs-compositeurs légitimes de revenus qui devraient leur revenir de droit. C'est du vol, purement et simplement. » Le premier filtre effectif se situe désormais au niveau du distributeur: conformité des métadonnées d'identification, cohérence des splits de droits déclarés, traçabilité des contributeurs sur chaque téléversement. Pour un producteur indépendant, ces éléments deviennent le passage obligé pour garantir que ses écoutes ne soient pas diluées dans le pool artificiel — et pour vérifier que son distributeur applique effectivement le cadre SII avant tout téléversement.